L'art tout contre la machine #12. Jonas Mekas et la Bolex

« Il m’a fallu pratiquement quinze ans pour maîtriser ma Bolex et lui faire faire ce que je voulais vraiment, automatiquement, spontanément. Je compare cela à un saxophoniste, un musicien de jazz qui doit répéter pendant de longues années jusqu’à obtenir de l’instrument qu’il suive les mouvements les plus subtils de ses doigts. Ce serait auto-destructeur, voire stupide, de changer d’un seul coup d’instrument juste parce que quelqu’un vient d’en inventer un nouveau. Je suis quelqu’un de très occupé. Je n’ai ni le temps, ni la nécessité ni l’envie de changer d’instrument, ma Bolex. D’autant que ma Bolex est une caméra très précise qui correspond tout à fait à ma façon de filmer » (Jonas Mekas)


Lire la suite
Aina Alegre / La nuit, nos autres

L'exercice est ardu et pourtant la magie opère. J'ai la chance d'assister à un moment rare et précieux où des êtres pleinement conscients de leur maitrise de l'art du mouvement et de leur puissance fictionnelle, porteurs et portés par une pensée chorégraphique qui reconfigure à chaque instant les qualités sensibles du temps et de l'espace, font advenir des mondes, chargent le plateau de visions.


Lire la suite
Aube immédiate, vents tièdes / Victorine Grataloup et Diane Turquety curatrices

Dans une démarche intimement inspirée du post-exotisme, Victorine Grataloup et Diane Turquety exaltent la force des histoires, multiplient les pistes, veillent à maintenir l'espace de la fiction résolument ouvert. Outre sa valeur littéraire per se, l'intitulé de l'exposition acquiert une valeur programmatique qu'assument les deux curatrices : le territoire d'où nous parlons est inconnu, absolument inconnu. Nulle abscisse, nulle ordonnée ne peut lui être attribuée. Il est une zone d'imagination géopolitique radicale où le rêve, l'insurrection, le chamanisme et l'inconscient collectif se rencontrent.


Lire la suite
Christian Rizzo / une maison

Une écriture finement ciselée, à la puissance impérieuse du théorème, qui néanmoins respire, laisse suinter la vie, le désir, la fragilité aussi, rend pleine l'absence, aménage des entrelacs et approche la manière que seule la vie a de reconfigurer sans cesse les choses. Des interprètes époustouflants. une maison pour accueillir, sous les constellations montantes, précipités dans l'instant de la danse, passé et avenir.


Lire la suite
L'art tout contre la machine #11. Quatre films du Grec

Structurée autour de quatre films produits par le Grec, structure de production associative fondée par Jean Rouch qui fête cette année ses 50 ans et dont la mission est d’accompagner des réalisateurs en devenir dans la production de leur premier film, cette rencontre a été l’occasion de mesurer à nouveau la plasticité des gestes liés à l’archive et au remploi d’images, dont la présence dans le cinéma contemporain est particulièrement significative. Ce que montrent ces pratiques, c’est qu’une image de cinéma, quels que soient les techniques ou les modes narratifs utilisés, se fabrique toujours à partir d’autres images, qui lui préexistent et lui permettent d'arriver.


Lire la suite
Enquêtes de Danièle Méaux

Enquêtes. Nouvelles formes de photographie documentaire s’efforce de penser une convergence entre les pratiques photographiques contemporaines et les sciences humaines, convergence potentiellement alimentée par des points de contact avec la démarche propre à l’enquête policière. Ces champs d’investigation, dont Danièle Méaux s’efforce de montrer à quel point ils peuvent être poreux les uns aux autres, ont en commun leur rapport à un terrain qui loin d’être indifférent aux actes qui s’y déploient, n’en n’est jamais que le résultat.


Lire la suite
L'art tout contre la machine #10. Johanna Vaude

L’œil sauvage est le premier film réalisé par Johanna Vaude au sortir de sa formation en arts plastiques. Sa conception s’inscrit dans une économie de moyens radicale. L’idée était de faire un film à partir d’une seule et unique pellicule super 8, ce qui a d’emblée conduit Johanna Vaude en direction de l’hybridation des supports.


Lire la suite
Jocelyn Cottencin / Echauffement général

A l'heure où le réchauffement climatique est devenu une certitude inquiétante et où le contexte social est profondément mouvementé, l'intitulée du projet curatorial accueilli par La chambre d'échos interpelle à plus d'un titre. Cette multiplicité de résonances a été cultivée volontairement par Jocelyn Cottencin qui avoue néanmoins être un peu rattrapé par l'actualité. Echauffement général est une exposition à activer performativement, une invitation aussi directe qu'enchevêtrée à mettre en mouvement le corps et l'imaginaire du visiteur, à penser en acte ce que c'est que faire groupe aujourd'hui.


Lire la suite
Euripides Laskaridis / Titans

Une barre de néon s'allume brusquement : ligne de rupture et source de polarisation de l'obscurité qui règne sur le plateau. Sa lumière blafarde s'accompagne d'un appel tout en échos et résonances qui semble remonter par cette faille des tréfonds de la mémoire atavique. Une étonnante diva rose, lascive et aguicheuse, est à l'origine de cette fracassante entrée en matière.


Lire la suite
Pierre Benjamin Nantel et Marylise Navarro / Danses invisibles

Le ciel est gris et bas ce jour de décembre. Des goutes d'eau commencent à tomber, éparses, avant que la pluie n'arrive, glaciale. Le corps raidi contre les bourrasques de vent, serré dans un manteau d'hiver, ce n'est pas vraiment un temps idéal pour aller à la découverte d'un quartier, encore moins de ses danses invisibles. Une station de tram, un supermarché, une boucherie hallal, une enseigne affichant Soins à domicile, des immeubles anonymes construits à la va vite, une voiture garée parmi d'autres. Sous la pluie qui tombe résolument, cette voiture, où l'on est invitée à s'installer, apparait comme un refuge, habitacle empreint d'une certaine intimité, du moins spatiale, propice aux rencontres furtives et au commerce symbolique qui donne le cadre de la performance de Pierre Benjamin Nantel et Marylise Navarro.


Lire la suite