Cinéma / Parole #35. Louis Sé

Les films de Louis Sé s'inscrivent tous dans une volonté d'explorer d'une manière inédite l'outil cinématographique. Nourrir l'animal, Ensuite, ils ont vieilli ou encore La chambrée occupent tous, selon des accents qui leurs sont propres, les zones d'indécision entre les territoires du documentaire et de la fiction, et invitent depuis cet espace à interroger notre présence aux autres et au monde, avec toute la complexité et les difficultés que cela induit souvent. 


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Meurtrière de Philippe Grandrieux

Les corps d’Unrest sont intranquilles et morcelés : sculptés dans l’expérience au moyen de résidences, saisis comme des captations sous forme de performances filmées, rendus muséaux par le dispositif de l’installation et, enfin, pour le dernier mouvement, tendus vers la fiction au moyen de la voix humaine. 


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Cinéma / Parole #34. Fabrice Lauterjung

La plupart des films projetés lors de cette rencontre ont été tournés en super 8, un support qui engage une forme d’attente et de temporalité spécifiques, entre le temps du tournage et le moment où ce qui s’est imprimé sur la pellicule sera révélé. Cette dimension, dont nous sommes de moins en moins familiers, induit un rapport très singulier à la réalisation. Mais la raison principale qui a conduit Fabrice Lauterjung vers le super 8, c’est la volonté de travailler autour de l’articulation narrative minimale au cinéma, c’est-à-dire autour du photogramme (Vertov, Kubelka, etc).


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Cinéma / Parole #33. Yaïr Barelli

Yaïr Barelli n'est pas familier de l'outil vidéo. Son travail se déploie ordinairement dans le champ du spectacle vivant, et plus singulièrement de la danse et de la performance. Ici, la vidéo est un outil au service de multiples interrogations. Il permet notamment de questionner la place qu'un artiste peut et doit occuper dans les dispositifs de résidence de tous ordres.


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Gestes déplacés

Si le corps chorégraphique invente son propre espace à travers le geste, il se peut aussi que le geste déplace l'espace dans lequel il se déploie et élargisse par ailleurs son champ en intégrant une gestuelle qui peut relever du quotidien. La chorégraphie ne se situe pas alors comme une forme close dans un espace neutre, elle s'en empare, se déployant jusqu'à faire référence à un espace socio-économique qui tend à la normalisation, et propose une façon de voir et d'agir qui résiste à cette forme de contrôle comportemental.


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L'insistance des luttes de Dork Zabunyan

L'ouvrage de Dork Zabunyan, qui rassemble plusieurs articles et entretiens qu'il a pu proposer pour les Cahiers du cinéma ou Trafic, interroge la place et le mode opératoire de ces images amateurs réalisées dans le contexte de conflits sociaux, souvent afin d'infléchir leur déroulement et de le transformer en s'inscrivant dans un mouvement réticulaire qui les dépasse et les porte bien au-delà du lieu où elles se trouvent. 


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Five Year Diary de Anne Charlotte Robertson

Entre 1981 et 1997 Anne Charlotte Robertson réalise son Five Year Diary, composé de trente-huit bobines de super 8 qui dans leur intégralité composent une fresque du quotidien de plus d'une trentaine d'heures, couvrant non pas cinq mais quinze années de sa vie. La grande originalité de ce travail nous semble être le traitement du son, en l'occurrence de la voix. Le film présente deux sources sonores : une parole enregistrée sur le film pendant le tournage ou extraite d'enregistrements sonores réalisés parallèlement au tournage, et un commentaire ajouté a posteriori, parfois une dizaine d'années après. Cette voix dédoublée peut évoquer les troubles mentaux de la cinéaste qui fit plusieurs séjours en hôpital psychiatrique et qui souffre selon les experts de trouble bipolaire. Lors des projections du journal auxquelles elle assistait elle rajoutait parfois une troisième couche sonore en commentant le film en direct.


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Le cinéaste au travail : Autoportraits de Muriel Tinel-Temple

Cet ouvrage interroge la spécificité filmique de l'autoportrait, en abordant notamment des films de cinéastes renommés, mais aussi des œuvres moins illustres appartenant au champ du cinéma expérimental :  « contrairement à l'autobiographe ou au diariste, l'autoportraitiste ne met pas (seulement) en avant son identité sociale et l'histoire de sa vie passée ou présente, mais plutôt sa position de cinéaste. Il tente en effet de se représenter à un instant donné de son travail quand se pose la question : qu'en est-il de moi maintenant dans le cinéma ?  ». 


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Le Parc de Damien Manivel

En découvrant les premiers courts-métrages de Damien Manivel, dont le second long sorti récemment en salle Le Parc prolonge les beautés tout en ouvrant de nouvelles pistes, l'on pouvait craindre et à raison que le geste de cinéma du jeune auteur déjà bien identifié et plébiscité par la critique n'emprunte de mauvaises voies. Le premier opus court La dame au chien tendait déjà le long de ses seize minutes le fil sur lequel le cinéaste allait faire tenir en équilibre des intentions aussi excitantes que risquées, pour le dire un peu sommairement : installer et faire tenir le malaise d'une situation dans laquelle des corps étrangers mis face-à-face vont se rencontrer pour mieux faire apparaître une dimension fantastique du quotidien dans ce qu'il peut avoir de plus élémentaire, de plus anodin, de plus primaire.


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Experimental films from the Low Lands : Studio één

Le dvd « Experimental films from the Low Lands » édité par Re:Voir est consacré à quelques uns des films réalisés entre 1993 et 1999 dans la Studio één, laboratoire de cinéma indépendant notamment spécialisé dans le super 8 fondé par Karel Doing à Arnhem en 1989 aux côtés de Saskia Fransen et Djana Mileta. Cette compilation comporte des films très divers, complétés par un portrait de Karel Doing par Gaëlle Rouard et un entretien filmé avec Louis Benassi, ainsi que par un livret d'une trentaine de pages comprenant des textes écrits par chacun des cinéastes présentés.


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