Boomerang ou le retour à soi de Claudia Triozzi

Qu’est ce que le miroir n’arrive pas à savoir ?
Quel est le visage de l’amour ?
Ce sont des questions presque naïves, d’une simplicité désarmante. Elles enclenchent néanmoins de redoutables processus d’introspection. Les réponses se défient, à chacun de trouver ses chemins. Claudia Triozzi donne en partage des problèmes essentiels, de vie et de mort, d’amour et de feu. Ce retour à soi entraine dans son sillage une pièce dure, âpre, incisive, brulante, charriant énormément de matières qui se répondent dans des résonnances multiples, se font écho dans une polyphonie millimétrée. Tout est en tension : les corps, les voix, les images, la paléoanthropologie et les fêtes foraines.


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Pourquoi la banlieue ? Parce que les colonies

Note sur Go Forth, un film de Soufiane Adel, 62 minutes, 2014

C'est avec un léger retard sur l'heure de Paris et la dernière édition de Cinéma du Réel, à la faveur d'un passage au Festival du nouveau cinéma qui s’est tenu du 8 au 19 octobre 2014 à Montréal, que je découvre Go Forth de Soufiane Adel. Le film est présenté au sein de la section Panorama qui, comme le FNC Lab, regroupe les œuvres les plus singulières du Festival : des films qui cherchent, plutôt qu’à imiter les genres, l’adéquation entre leur raison d’être et leur expression.


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L'invisible vérité

Des films pris entre l’origine du monde et la fin du monde. Entre fondu au blanc et explosion noire. Entre « vivre et mourir » comme l’écrivait Marguerite Duras dans son film/livre L’Homme atlantique (1981/82) cité en sous-texte, à l’infini comme l’enchevêtrement des miroirs des Roches Noires, dans L’Homme atlantique, réalisé par Marylène Negro en 2008. 


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La dernière image de Jérôme Mayer

En rassemblant une centaine de vues dont le statut ordinaire serait de nous faire passer à d'autres formes que celles qu'elles présentent elles-mêmes — toutes les images qui composent ce recueil ont en effet en commun d'être l'ultime photogramme ou vidéogramme d'une séquence filmée, rien n'étant dit par ailleurs sur l'origine ou le lieu de déploiement desdites séquences — Jérôme Mayer propose de retenir un monde qui se dérobe constamment, d'offrir au regard ce qui lui échappe nécessairement. 


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Lettre vide de Sarah Klingemann

Le titre du film porte un paradoxe que le montage déplie à sa manière. Comment une lettre peut-elle être vide sans cesser de facto d'être ce qu'elle est ? Une lettre peut-elle être une pure adresse sans contenu ? Avant de porter un message à la connaissance de son destinataire, elle tisse un lien. Ce qu'elle envoie ne serait rien sans l'acte d'adresser, qui en est sans doute l'élément décisif. Ceci est particulièrement mis en évidence dans le film de Sarah Klingemann, qui veut donner à voir des mouvements sans nous donner précisément leur origine ni leur terme.


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Tourisme International de Marie Voignier

Le dernier film de Marie Voignier, Tourisme international, nous transporte en Corée du Nord, au coeur d'un pays dont on ne peut rien voir. Par un minutieux travail de déconstruction, l'artiste nous invite à questionner le visible et le récit qu'il construit : Documentaire ou fiction ? Paysages ou décors ? Habitants ou acteurs ? Ou comment passer de l'image à l'imaginaire et subvertir l'esthétisation totalitaire.


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Cinéma / Parole #8. Jacques Perconte

Pièce de Jacques Perconte installée dans l'ancienne Sacristie du Collège des Bernardins, Mistral est incroyablement bien reçu par des publics croisés, pour la plupart non initiés, non préparés à recevoir des propositions comme celles-ci, et dont on attendrait qu'ils expriment les a priori coutumiers sur l'art contemporain comme espace d'expression qui nécessiterait une explication préalable, plus ou moins technique, pour être compris. Ce que l'on constate au contraire avec cette oeuvre, c'est que quelque chose se perçoit d'emblée de sa simplicité, de son déroulement lent et patient, qui engage une dimension de méditation particulière.


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Petersbourg, notes sur la mélodie des choses de Charlie Rojo

Le film s'ouvre sur des plans tournés de nuit sur un bateau. Des contours de visages en clair-obscur nous laissent deviner la ville en arrière plan. L'eau reflète des lumières rouges et bleues. Charlie Rojo entre dans cette ville dont il veut faire le portrait par son port, dont le Tzar a décidé la construction, apprend-on, en 1703, donnant ainsi naissance à une ville qui devait devenir la capitale de la Russie, jusqu'en 1918.


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Tzventanka de Youlian Tabakov

Découvert lors des rencontres cinématographiques de Cerbère / Port-Bou, dans le cadre d'une séance programmée par Tess Renaudo du festival l'Alternativa à Barcelone, Tzventanka de Youlian Tabakov  fait voler en éclat les distinctions habituelles, et souvent paresseuses, entre fiction et documentaire, en proposant une biographie familiale et intime enracinée dans le présent d'un acte de cinéma libre et fécond.


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Etats généraux du documentaire / Entretien avec Christophe Postic

Christophe Postic, co-directeur artistique des Etats généraux de Lussas nous a accordé un entretien, dans lequel il dégage les lignes spécifiques que le festival cherche à dégager : singularité des formes cinématographiques et ancrage territorial coucourent ainsi à engager des expériences de cinéma tout à fait singulières.


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