Marcher puis disparaître de Romain Kronenberg

Une grande ville vue de loin, frappée d’une douce lumière, comme au début d’un conte. Son nom même paraît tiré d’un rêve : Şereflikoçhisar, le « château des honorables étreintes ». Par où commence Marcher puis disparaître. Plan après plan, Romain Kronenberg nous fait entrer dans cette cité turque, sans jamais effacer complètement la distance. Il fait attention à l’étrangeté des choses et nous communique ce sentiment propre au voyageur, qui se découvre « chez lui » alors qu’il est « à l’étranger ». Minarets éclairés, feux dans la campagne, aube bleue, gestes des joueurs : toute cette vie inconnue apparaît familière. « Il me semble que je serais toujours bien là où je ne suis pas ».


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L'urgence de l'art de Bernard Marcadé et Jérôme Alexandre

Jérôme Alexandre et Bernard Marcadé ont initié un échange épistolaire pour dire L'urgence de l'art. Son urgence, c'est-à-dire à la fois sa nécessité et l'immédiateté de son inscription dans le réel. Chacun selon ses compétences  et selon ses aspirations — l'un est théologien, l'autre historien d'art —, les deux auteurs soulignent l'importance qu'il y a de comprendre l'art dans sa relation au présent tout en affirmant la totale indépendance des grands gestes qu'il engendre eut égard au contexte qui les voit naître. 


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Révolution Zendj de Tariq Teguia

Ne rien lâcher, persister à travers les flux, contre les souffles contraires, au risque de disparaître ou de se fondre dans la lutte, et redresser la carte des espoirs.


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Films cicatrices. Trouvé et Le Saut des deux fous au Ciné 104

La programmation de courts métrages est un acte critique en soi. Chaque séance produit ses effets de montage, de sens, qui ne sont pas sans influencer notre réception des œuvres. À l’heure où la plupart des films sont vus sur un ordinateur via des plateformes en ligne, il est plus que jamais nécessaire de rappeler que le cinéma tient aussi à une certaine façon de montrer les choses.


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Tôzai!... de Emmanuelle Huynh

Un lourd rideau obstrue la cage de la scène. Emmanuelle Huynh choisit d’ancrer la danse entre ses plis, dans un mouvement suspendu, sans cesse recommencé, d’ouverture. Tôzai! (d’Est en Ouest) – l’amplitude est énorme, a vocation à embrasser le monde. Le cri ritualisé qui lance toute représentation de Bunraku affirme littéralement cette volonté. La chorégraphe s’est inspirée de certains éléments du théâtre traditionnel japonais. C’était aussi pour elle une autre manière de revisiter une question qui nourrissait déjà son premier travail en solo, Mùa, en 1995.


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Cinéma / parole #12. Rodolphe Olcèse

Tremble, un moyen métrage réalisé par Rodolphe Olcèse en 2012, retrace le fragment d'une vie, celle d'un homme que l'on suit, qui nous tourne le dos et se perd dans l'ivresse de sa solitude. 


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Sprint d'Emmanuelle Vo-Dinh

Les cercles qu’elle dessine sur le plateau pourraient sembler dans un premier temps identiques. Maeva Cunci creuse le sillon. Chacun des mouvements concentriques de sa danse, de sa course, l’amène plus loin, ne se déployant pas tant dans l’étendue que dans la profondeur. Emmanuelle Vo-Dinh entraine la performeuse dans une descente vers les origines archaïques de la danse : rythme, souffle, volonté aveugle de mettre un pas devant l’autre, jusqu’à l’épuisement. D’autres états de corps jaillissent, le solo devient foison, l’air se charge de visions innommables. Vertigineux !


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Jan Fabre, Le pouvoir des folies théatrales

Le titre est somptueux, mais derrière sa superbe se cache un jeu de mots intraduisible en français. Le ver est dans le fruit : l’expression flamande y contient littéralement un cadavre. Deux ans auparavant, Jan Fabre entamait, avec son œuvre fleuve C’est du théâtre comme c’était à espérer et à prévoir, un vaste et radical programme de refonte de l’art scénique mettant au cœur d’un alliage explosif de danse, textes, chants et images, l’expérience vécue jusqu’à l’épuisement du geste performatif. Le Pouvoir des folies théâtrales revient sur cette intuition fondatrice, l’affine, la précise, re-déploie dans des configurations autrement complexes ses lignes de force impétueuses, son énergie enragée.


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Grand Magasin / D’orfèvre et de cochon

Mettre au travail la notion même de travail, la déplacer, la malmener gentiment, y injecter de la poésie, y explorer d’autres imaginaires possibles, voici le pari relevé avec aisance et inspiration par Grand Magasin. 


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Rencontre avec Olivier Guidoux, autour de Laval Serial!

Il y a quelques mois, nous avons rencontré Olivier Guidoux, qui développait alors deux projets produits par l'un de nos collaborateurs, Le Coeur, un court métrage de 25 minutes tourné en 16 mm au printemps 2014, et Laval Serial !, une web-série tout à fait singulière et inattendue, loin des standards et des formats habituels que l'on peut voir sur Internet. La série en ligne, Olivier Guidoux revient plus particulièrement sur les enjeux de cinéma qu'elle pose.


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