Self Made Man de Nina Santes

L’atmosphère est intime, propice au partage, dans le studio perché au 6ème étage de la Gaîté Lyrique. Les spectateurs prennent place sur des coussins à même le sol. Pour cette nouvelle séance de Danses augmentées, Mylène Benoit invite Nina Santes. Self Made Man, le titre du solo de la jeune chorégraphe, établit d’entrée de jeu une tension captivante avec la thématique de la soirée, Danses d’auteures.


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Motu Maeva de Maureen Fazendeiro

Les premiers plans du film sont d'emblée livrés sur un mode exploratoire. Une caméra, manifestement embarquée sur une barque, focalise sur les berges de ce qui pourrait être un lac, comme pour dessiner le contour de cette terre que le film a décidé de nous découvrir. La pellicule réagit étrangement à l'environnement, où l'ombrage des branches penchées au dessus de l'eau induit des variations de lumière importantes. Elle brûle soudain, lorsque le déclenchement de la caméra fait cette lumière s'engouffrer dans l'obturateur de manière excessive. Le sentiment se précise peu à peu d'une entrée elle-même progressive dans ce territoire, mais aussi dans ce support de tournage, le super 8 mm, dont Maureen Fazendeiro rencontre ici les possibilités.


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Souvenir de la Géhenne de Thomas Jenkoe

Sur des images abstraites, qui semblent arracher le film qui vient à une nuit obscure, un chant s'installe peu à peu. Une sourate récitée en arabe, non traduite, envoie  notre attention vers un territoire incertain, un paysage trouble, comme cet aplat indistinct de couleur rouille d'où vont émerger les souvenirs annoncés par le titre. Le point hésite à se faire, comme si le regard ne pouvait s'ouvrir pleinement sur les récits que le film va rencontrer. La vision se précise lentement. La voix qui se risque dans ce chant liminaire dit ses propres défaillances mémorielles en même temps que le caractère nécessaire de cette sourate qui lui revient d'elle-même dans l'épreuve.


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#UFE de César Vayssié

Avec Clara CHABALIER, Constance LARRIEU, Pauline HUBERT, Noémie DEVELAY, Sarah AMROUS, Charles D’OIRON, Cyril BROSSARD, Gaël SALL, Marc-Antoine ALLORY, Simon GUÉLAT, Rodolphe AUTÉ.

L’aventure a commencé en 2012.

Chacune des projections d’UFE est un événement en soi qui laisse filtrer dans son cadre de monstration quelque chose du trouble de l’instant, comme si tout était en train de se jouer ici et maintenant, sous les yeux des spectateurs, comme si l’image filmée avouait son impuissance par rapport au vivant, son besoin de se recharger en affects au contact de ses protagonistes. Se retrouver ensemble, être plongé dans l’obscurité d’une salle de cinéma et revivre ne serait-ce que des bribes de l’expérience de cette œuvre qui déborde le film qui nous est donné à voir.


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La philosophie des films de Noël Caroll

Première traduction française d'un ouvrage de Noël Caroll, théoricien du cinéma dont la démarche s'inscrit dans la tradition analytique anglo-saxonne, cette Philosophie des films est étonnante a bien des égards. Ce qui déroute, c'est d'abord la méthode, qui semble supposer que la dispute est le préalable, sinon le seul moyen de fonder toute proposition, y compris celles qui semblent parler d'elles-mêmes ou relever du bon sens le mieux partagé.


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Un-visible de Malena Beer

Je désire y rester encore un moment. Le Palais de Tokyo, avec ses immenses espaces en friche, est soudainement devenu un endroit familier, empreint d’une douceur flottante, un lieu presque chaleureux, agité ça et là par des courants d’énergie. Je viens de le découvrir autrement, les yeux fermés, j’ai entendu ses bruits, ses respirations, son souffle, j’ai pu emprunter ses cheminements souterrains, capter des bribes de discussions, m’imprégner ses fragrances de béton brut, tâtonner sur des pentes légères ou des marches métalliques. J’avais les yeux fermés et Malena Beer dansait autour de moi, m’entrainant dans l’exploration insensée de Un-visible.


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Cinéma / parole #13. Pierre Moignard

Holyland Experience emprunte son titre à l'espace dans lequel il a été tourné et qui se trouve à Orlando, sur un vaste site qui abrite une trentaine de parcs d'attractions. "Holyland Experience", qui est l'un de ces parcs, a pour caractéristique singulière de mettre en scène la vie de Jésus. La matière visuelle du film résulte d'une immersion dans cet environnement atypique et difficile à appréhender. Le matériau sonore quant à lui a été prélevé du monologue du fils Johannes dans Ordet de Carl Théodor Dreyer.


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Marcher puis disparaître de Romain Kronenberg

Une grande ville vue de loin, frappée d’une douce lumière, comme au début d’un conte. Son nom même paraît tiré d’un rêve : Şereflikoçhisar, le « château des honorables étreintes ». Par où commence Marcher puis disparaître. Plan après plan, Romain Kronenberg nous fait entrer dans cette cité turque, sans jamais effacer complètement la distance. Il fait attention à l’étrangeté des choses et nous communique ce sentiment propre au voyageur, qui se découvre « chez lui » alors qu’il est « à l’étranger ». Minarets éclairés, feux dans la campagne, aube bleue, gestes des joueurs : toute cette vie inconnue apparaît familière. « Il me semble que je serais toujours bien là où je ne suis pas ».


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L'urgence de l'art de Bernard Marcadé et Jérôme Alexandre

Jérôme Alexandre et Bernard Marcadé ont initié un échange épistolaire pour dire L'urgence de l'art. Son urgence, c'est-à-dire à la fois sa nécessité et l'immédiateté de son inscription dans le réel. Chacun selon ses compétences  et selon ses aspirations — l'un est théologien, l'autre historien d'art —, les deux auteurs soulignent l'importance qu'il y a de comprendre l'art dans sa relation au présent tout en affirmant la totale indépendance des grands gestes qu'il engendre eut égard au contexte qui les voit naître. 


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Révolution Zendj de Tariq Teguia

Ne rien lâcher, persister à travers les flux, contre les souffles contraires, au risque de disparaître ou de se fondre dans la lutte, et redresser la carte des espoirs.


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