Acércate Más de Danielle Vallet Kleiner

Comment livrer son regard sur la situation d’un pays auquel, pour des motifs culturels ou politiques, nous n’avons pas accès ? comment répondre d’un événement quand le contexte où il se produit nous interdit de venir poser les yeux sur lui ? Acércate Más de Danielle Vallet Kleiner, cinéaste voyageuse s’il en est, veut dresser le portrait d’un pays secoué par une crise économique et politique, le Venezuela, qui a connu récemment de nombreuses manifestations réprimées avec une violence inouïe.


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Mrs. Fang de Wang Bing

Mrs Fang, récemment récompensé au festival de Locarno, est un film à retournements pour un personnage que la maladie a rendu immobile. Plus exactement, le film est parcouru de rotations que la projection inscrit durablement en mémoire. 

 

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Les îles de Yann Gonzalez

Un regard. La force qu’il charge tient à son apparition brute et vidée de sens. Tout commence et tout s’achève de ces yeux qui possèdent déjà ce qu’ils regardent. C’est un glissement progressif et un événement, le visage comme seul paysage. Une île, tremblante de ses formes, ébène ou ivoire, de chair et de sang, écorchée ou lisse – une île comme autant de corps soumis aux vents et à l’assaut des vagues.


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Tinselwood de Marie Voignier

Tinselwood est sans doute un peu plus un film sur un lieu que sur les liens entre ses habitants, puisque la relation à ses protagonistes ne provoque pas de croisements clairs, plutôt un éparpillement, du dispars (sans disparition, toutefois). Ce lieu est la forêt primaire en lisière du Sud-Est camerounais ; il est question, à travers la parole de quelques travailleurs, de son histoire coloniale (allemande à la fin du dix-neuvième siècle, puis française après la première guerre mondiale), de l’exploitation des ressources naturelles, des richesses, de la dévastation d’une économie, mais aussi de croyances ancestrales qui persistent à travers une sorcellerie qui bricole avec le milieu végétal.


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L'Héroïque Lande - La Frontière brûle de Nicolas Klotz & Elisabeth Perceval

Si L'Héroïque Lande résiste à une écriture rapide, peu ou prou journalistique, ce n’est pas tant parce que le film impose une admiration intimidante, par son ampleur ou encore parce qu’il aurait pour unique visée « le subi ». D’ailleurs, le film ne vise pas, même juste, il reçoit, accueille, selon une inversion proprement cinématographique de la construction du regard et de l’écoute. La raison de la difficulté de rendre ainsi compte du film est beaucoup plus aimable, puissante et heureuse — ce qui est l’exact inverse de se jouer du malheur et de la misère tragique des jeunes gens que le film sait écouter et frôler dans la Jungle de Calais : le film de Nicolas Klotz et Elisabeth Perceval expose des singularités quelconques.


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Also Known as Jihadi d'Eric Baudelaire

Les plans sont ceux de lieux, d’un repérage qui serait non pas l’avant du film, mais le film en tant que tel. Il convoque ainsi encore une fois la méthode Adachi, celle d'A.K.A. Serial Killer. Les plans de lieux, sans figure principale, sont le fond d’un film, avec un tremblement continu du cadre, une imperfection flottante du non finito.


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Va, Toto! de Pierre Creton

Madeleine vit à la campagne entourée de poules, d’un vieux chien et de Toto ; sans doute a-t-elle au moins 75 ans, sa chevelure grise n’a jamais besoin d’un apprêt forcé. Il faut dire que Madeleine a décidé de faire d’un sanglier son compagnon, d’élever ce « Toto » au biberon, qu’il tète "comme un cochon"...


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Ouvrir l'image

Quelques films vus au festival Côté Court cette année proposent une expérience du cinéma comme image ouverte. Cette ouverture passe une corporétité de l'image comme mode d'incarnation et réfléchit sur l'origine en infléchissant le temps. Dans l'image ouverte, l'esprit se fait chair et la vision toucher : elle est la blessure ou la caresse du réel, l'altérité qui nous altère.


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Gil de Eva Giolo

« Vous aurez beau rapprocher à l’infini deux instants ou deux positions, le mouvement se fera toujours dans l’intervalle entre les deux, donc derrière votre dos » (Gilles Deleuze, Cinéma 1. L’image-mouvement).

Un nom. Des yeux.

Tout commence ici, dans cet intervalle incompressible qui s’annonce par le texte dès les premiers instants. La distance est écrite et le mouvement de fouille s’attrape dans son processus, commence et fini hors-champ. C’est une vague intime qui roule jusqu’à nous, mais s’en ira. Et seule l’écume en restera, assez pour en faire des mots.


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La carte du visible (le corps en mouvement)

Inspiré des œuvres de Peter Campus, Dor (1957) et Anamnesis (1973)


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