Les îles de Yann Gonzalez

Un regard. La force qu’il charge tient à son apparition brute et vidée de sens. Tout commence et tout s’achève de ces yeux qui possèdent déjà ce qu’ils regardent. C’est un glissement progressif et un événement, le visage comme seul paysage. Une île, tremblante de ses formes, ébène ou ivoire, de chair et de sang, écorchée ou lisse – une île comme autant de corps soumis aux vents et à l’assaut des vagues.


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Et après encore, je serai vide : une exploration intime du désir féminin

Et après encore, je serai vide est une expérience en ligne ouverte à toute personne s'identifiant comme femme et majeure, écrite, pensée et réalisée avec Mécistée RHEA. Elle sera disponible à partir du 20 juillet 2017, tous les jours, entre le coucher et le lever du soleil à l'adresse suivante : https://etapresencorejeseraivide.fr. Le site a été developpé par Nicolas BRUNELLE.


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Tinselwood de Marie Voignier

Tinselwood est sans doute un peu plus un film sur un lieu que sur les liens entre ses habitants, puisque la relation à ses protagonistes ne provoque pas de croisements clairs, plutôt un éparpillement, du dispars (sans disparition, toutefois). Ce lieu est la forêt primaire en lisière du Sud-Est camerounais ; il est question, à travers la parole de quelques travailleurs, de son histoire coloniale (allemande à la fin du dix-neuvième siècle, puis française après la première guerre mondiale), de l’exploitation des ressources naturelles, des richesses, de la dévastation d’une économie, mais aussi de croyances ancestrales qui persistent à travers une sorcellerie qui bricole avec le milieu végétal.


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Contrariété de la matière : Nous ne serons plus jamais seuls de Yann Gonzalez

« La matière ou l'étendue renferme en elle deux propriétés ou deux facultés : la première faculté est celle de recevoir différentes figures, et la seconde est la capacité d'être mue. » 

Nous ne serons plus jamais seuls, court-métrage de Yann Gonzalez, met en scène une fête d’adolescents et les évènements qui la jalonnent, de l’amour à la danse, jusqu’à un dénouement fantastique. Un plan retient particulièrement mon attention : celui de l’apparition d’une danseuse, faisant évènement par sa rupture dans le déroulement de la séquence.


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L'Héroïque Lande - La Frontière brûle de Nicolas Klotz & Elisabeth Perceval

Si L'Héroïque Lande résiste à une écriture rapide, peu ou prou journalistique, ce n’est pas tant parce que le film impose une admiration intimidante, par son ampleur ou encore parce qu’il aurait pour unique visée « le subi ». D’ailleurs, le film ne vise pas, même juste, il reçoit, accueille, selon une inversion proprement cinématographique de la construction du regard et de l’écoute. La raison de la difficulté de rendre ainsi compte du film est beaucoup plus aimable, puissante et heureuse — ce qui est l’exact inverse de se jouer du malheur et de la misère tragique des jeunes gens que le film sait écouter et frôler dans la Jungle de Calais : le film de Nicolas Klotz et Elisabeth Perceval expose des singularités quelconques.


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Also Known as Jihadi d'Eric Baudelaire

Les plans sont ceux de lieux, d’un repérage qui serait non pas l’avant du film, mais le film en tant que tel. Il convoque ainsi encore une fois la méthode Adachi, celle d'A.K.A. Serial Killer. Les plans de lieux, sans figure principale, sont le fond d’un film, avec un tremblement continu du cadre, une imperfection flottante du non finito.


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Va, Toto! de Pierre Creton

Madeleine vit à la campagne entourée de poules, d’un vieux chien et de Toto ; sans doute a-t-elle au moins 75 ans, sa chevelure grise n’a jamais besoin d’un apprêt forcé. Il faut dire que Madeleine a décidé de faire d’un sanglier son compagnon, d’élever ce « Toto » au biberon, qu’il tète "comme un cochon"...


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L'intervalle de résonance : l'événement cinéma

« Pour œuvrer le monde, il ne se modèle pas en présentation ou en représentation des choses, il produit un intervalle qui fracture l'image et contrarie la ressemblance. » 

L’intervalle est un endroit de tous les endroits. Un creux qui se gonfle de tout ce qui, d’un bout à l’autre de l’idée, ne peut être véritablement saisi.


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Ouvrir l'image

Quelques films vus au festival Côté Court cette année proposent une expérience du cinéma comme image ouverte. Cette ouverture passe une corporétité de l'image comme mode d'incarnation et réfléchit sur l'origine en infléchissant le temps. Dans l'image ouverte, l'esprit se fait chair et la vision toucher : elle est la blessure ou la caresse du réel, l'altérité qui nous altère.


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Côté nouveaux médias : La Colonie

Le 29 mai, nous étions à La Colonie, pour présenter le projet d'ouverture aux formes émergentes du Festival Côté court. Pascale Cassagnau et la plupart des artistes programmés dans le cadre du projet curatorial intitulé "Effractions", sont venus échanger sur leurs pratiques respectives.


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