Cinéma / Parole #34. Fabrice Lauterjung

La plupart des films projetés lors de cette rencontre ont été tournés en super 8, un support qui engage une forme d’attente et de temporalité spécifiques, entre le temps du tournage et le moment où ce qui s’est imprimé sur la pellicule sera révélé. Cette dimension, dont nous sommes de moins en moins familiers, induit un rapport très singulier à la réalisation. Mais la raison principale qui a conduit Fabrice Lauterjung vers le super 8, c’est la volonté de travailler autour de l’articulation narrative minimale au cinéma, c’est-à-dire autour du photogramme (Vertov, Kubelka, etc).


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Paula Pi : Ecce (H)omo

Le travail sur les archives semble un passage obligé pour plusieurs jeunes chorégraphes de la scène actuelle. Paula Pi s’acquitte avec bonheur de toutes les complexités de l’exercice et signe une création magistralement incarnée, qui laisse frémir toutes les potentialités d’une rencontre sans cesse recommencée. Ecce (H)omo se situe à l’endroit de l’écart et de la métamorphose.


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Dana Michel : Mercurial George

Ses pièces agissent comme de véritables déflagrations, bousculent les codes du regard, interrogent le statut quo et les stéréotypes, vont chercher du côté des points aveugles de la représentation, ramènent sur le devant de la scène un propos éminemment politique, complexe, foncièrement incarné. Yellow Towel marquait son irruption dans le paysage de la danse contemporaine européenne saluée par un prix spécial lors de l’édition 2014 du festival ImPulsTanz. Dana Michel signe avec son dernier opus, Mercurial George (2016), une création trouble, âpre, profondément bouleversante.


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Olivia Csiky-Trnka : Paupière train fantôme, interview

Alors que sa plus récente création, Protocole V.A.L.E.N.T.I.N.A., a suscité l'enthousiasme du public et des programmateurs, dans le cadre du festival Sidération, à l'Observatoire de l'espace, et pour aller plus loin dans l'univers de cette jeune metteur en scène et chorégraphe, nous revenons avec Olivia Csiky Trnka sur un travail au long cours, autour des rêves lucides, de la transe et des protocoles hypnotiques, Paupière train fantôme.

 


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Marco Berrettini : iFeel4

Les ingrédients sont très forts. Chacun risquerait d’induire une orientation univoque, pourtant Marco Berrettini réussit à merveille sa mixture. La nouvelle création, dernier opus de la série iFeel procède d'une ambiguïté troublante, subversive, accueille les contradictions patentes, multiplie les niveaux de réception et les strates d’affects.


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Gaëlle Bourges : Lascaux

Remontant à rebrousse poil l’histoire de l’art et des représentations, toujours prête à démasquer les discours dominants qui persistent et finissent par s’imposer au sens commun, attentive au frémissement silencieux, mutin, de la présence des femmes dans cet univers encore largement soumis à la pulsion scopique masculine, Gaëlle Bourges bâtit une œuvre salutaire dans le paysage chorégraphique hexagonal. Minority Studies, développements récents des théories du genre, références savantes à des peintures qui continuent de peupler l’imaginaire contemporain trouvent sur le plateau des formes toujours justes, empreintes d’humour, terriblement incarnées, subversives.


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Marco Berrettini : iFeel3

Le pouvoir hypnotique de iFeel2 semble relâcher son emprise dans iFeel3. Le subtil venin distillé par cette nouvelle création de Marco Berrettini est autrement toxique. Le cercle s’élargit à quatre performers, les boucles répétitives deviennent ellipses où la figure géométrique entre littéralement en conjonction avec le procédé rhétorique, car la trajectoire sans cesse reprise par les danseurs inclut une part aveugle, un manque, une soustraction. Cycle de l’éternel retour, jeu de différences et de répétitions, révolutions en biais autour d’un axe constitué par l’estrade où la musique est produite en live.


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VOLMIR CORDEIRO : L’ŒIL LA BOUCHE ET LE RESTE

La gourmandise est éclatante. Les yeux s’écarquillent, les bouches restent longtemps ouvertes dans des grimaces qui figent les visages et découvrent des dents voraces. Les bras et les jambes se raidissent et s’écartent comme pour embrasser le monde. La succion est redoutable, semble répondre à un impératif absolu, en prise au centre même du corps, qui en mobilise tous les ressorts physiologiques et imaginaires – absorption furieuse, résolue, à grande échelle – peut être trop volontaire ? 


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Mel O’Callaghan : Dangerous on-the-way

La descente est vertigineuse. Ce travelling vertical nous entraine dans le secret des strates minérales. La poésie compacte des titres des projets plus anciens menés par l’artiste en Australie nous revient à l’esprit : Each Mineral Flake Of That Night Filled Mountain (2011), Each Atom Of That Stone In Itself Forms A World (2010). La fluidité du mouvement et l’abstraction de l’image nous font perdre pied. Il y va d’une plongée dans les profondeurs de la matière géologique mais aussi visuelle. L’amorce sensorielle de Dangerous on-the-way est redoutable : face à cette projection qui investit toute une paroi de l’espace sombre imaginée par Mel O’Callaghan au cœur de son exposition au Palais de Tokyo, le sol commence à se dérober, nous nous retrouvons comme en apesanteur.


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Cinéma / Parole #33. Yaïr Barelli

Yaïr Barelli n'est pas familier de l'outil vidéo. Son travail se déploie ordinairement dans le champ du spectacle vivant, et plus singulièrement de la danse et de la performance. Ici, la vidéo est un outil au service de multiples interrogations. Il permet notamment de questionner la place qu'un artiste peut et doit occuper dans les dispositifs de résidence de tous ordres.


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