Le travail de la citation (III)

Cette production d’un mystère par le montage, qui est un mode propre du travail de la citation, est ce qui donne à ce dernier son caractère accueillant. Le montage, loin de poser et d’imposer un ordre du visible inflexible et définitif, fonctionne par une succession d’ouvertures et d’inflexions de sens qui ménage une place réelle à notre regard. 

Troisième et dernière partie d'un texte consacré à la question de la citation dans les Histoire(s) du cinéma de Godard, dont la première partie est ici et la seconde là.


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Hors Pistes 2016 : Agir avec les mots

L'engagement politique au cinéma passe par l'adoption et l’appropriation d'outils et formes d'expression d'abord mis en place dans le domaine de l'écrit. L'une d'elles, parmi celles qui aspirent à la plus grande efficacité, dirigée vers la plus forte efficience discursive, est le tract. Les premiers cinétracts font un usage abondant de l'écrit, qu'ils confrontent à l'image : ce sont deux régimes d'expression et de pensée qui rentrent en collision. Bon nombre des films réalisés dans le cadre du festival Hors Pistes de cette année répondent à ces interrogations à la fois formelles et politiques.


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Le travail de la citation (II)

C’est reconnaître la puissance d’une œuvre que d’en accueillir un fragment sans chercher outre mesure à justifier son insertion dans un contexte hétérogène. En cela, Jean-Luc Godard est particulièrement proche du mode d’écriture recherché par Walter Benjamin dans son Livre des passages

Deuxième partie d'un texte consacré à la question de la citation dans les Histoire(s) du cinéma de Godard, et dont la première partie est ici.


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Le travail de la citation (I)

Les rapports de la parole et de l'écrit sont, dans les Histoire(s) du cinéma de Jean-Luc Godard, quelque chose de complexe. Cette complexité tient à un premier paradoxe, qui est celui de l'objet filmique en lui-même. Le film, comme objet processuel, permet à la fois de présenter les actes de parole et d'écriture dans un double statut de moment à la fois enregistré, ce qui suppose qu'ils aient eu lieu une fois pour toutes, et en train d'apparaitre, ce qui les posent en avant de notre regard et de notre écoute, en avant du film lui-même qui leur ménage un espace d’apparition et se tient lui-même dans un futur toujours imminent.

Première partie d'un texte qui sera publié en trois temps sur les Histoire(s) du cinéma de Jean-Luc Godard.


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Boris Lehman : Le portrait et l'identité diasporique

Le cinéma de Boris Lehman est souvent d'inspiration autobiographique, mais loin de toute illusion quant à une éventuelle saisie directe du sujet par lui-même, il se fonde plutôt sur une vision diasporique de l'identité, une identité jamais achevée, toujours en devenir, que le cinéma ne saurait épuiser.


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La vision partielle de Pascal Bonitzer

La vision partielle rassemble une trentaine de textes, publiés par Pascal Bonizer dans les Cahiers du cinéma dans les années 70 (et 80 pour certains), à une époque où les films s'appréhendent politiquement et sont perçus par l'idéologie qu'ils impliquent. Ce terme d'idéologie revient du reste très souvent sous la plume de Pascal Bonitzer. La critique se présente conjointement comme une pensée du cinéma — qui manque cruellement à une certaine critique contemporaine, qui peut écrire sur un film sans évoquer jamais les notions de plan, d'image, de montage — et comme une prise de position sur un territoire culturel qui rejoue la grande partition bourgeoisie / prolétariat à partir de laquelle le monde s'est laissé percevoir pendant de longues années. 


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Cinéma / Parole #25. Ariane Loze

Ariane Loze développe depuis 2008 le projet Movies On My Own(MÔWN), une série de films dans lesquels elle assure aussi bien l'interprétation des personnages que les tâches techniques de prises de vues et de montage. Pour Ariane Loze, qui vient du théâtre et de la performance, ces premiers essais en matière de réalisation tiennent à une volonté de comprendre comment fonctionne le cinéma, et notamment la technique du champ/contrechamp, sans laquelle la série des MÔWN, qui consiste à faire travailler le trouble d'un visage qui se déploie à travers plusieurs figures, serait purement et simplement impossible. 


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Rencontre avec Johanna Vaude

Johanna Vaude réalise, depuis 2011, des films de recut pour le magazine Blow Up d'Arte. Une vingtaine de films courts, compositions hybrides à partir de films de sources diverses, dessinent une cartographie singulière du cinéma populaire. Rencontre avec Johanna Vaude, qui replace ces films de commande dans son itinéraire.


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Here, then de Rémy Héritier & Marcelline Delbecq

Le plateau se déploie sous le  regard, vaste territoire désert où des parois, des cloisons, des rideaux amples et épais dessinent des couloirs et des volumes, des zones dont les qualités sensibles se laissent deviner, distinctes. Un écran devient source de diffusion, membrane perméable, il laisse filtrer une étrange lumière mate, avant que des jeux de transparences ne s’engagent au-delà de l’opacité. Une présence s’affirme, abstraite, sensible, inquiétante, qui semble chercher son régime d’apparition, proche de la persistance rétinienne. 


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Cinéma / Parole #24. Frank Smith

A l'origine de ces 9 ciné-tracts, réunis sous le titre Les films du monde, il y a un fait divers, celui d'un jeune noir qui se fait abattre de 9 balles par un policier en Alabama. La scène a été captée au téléphone portable par un anonyme et la vidéo, qui circulait beaucoup, a suscité chez Frank Smith, qui est poète avant d'être réalisateur, l'écriture d'un texte. Fank Smith s'est par la suite procuré ladite vidéo pour organiser la rencontre de son texte et des images, la répartition du texte, entre incrustation et voix off, s'opérant en fonction de ce que le matériau donnait à voir.


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