Le travail de la citation (I)

Les rapports de la parole et de l'écrit sont, dans les Histoire(s) du cinéma de Jean-Luc Godard, quelque chose de complexe. Cette complexité tient à un premier paradoxe, qui est celui de l'objet filmique en lui-même. Le film, comme objet processuel, permet à la fois de présenter les actes de parole et d'écriture dans un double statut de moment à la fois enregistré, ce qui suppose qu'ils aient eu lieu une fois pour toutes, et en train d'apparaitre, ce qui les posent en avant de notre regard et de notre écoute, en avant du film lui-même qui leur ménage un espace d’apparition et se tient lui-même dans un futur toujours imminent.

Première partie d'un texte qui sera publié en trois temps sur les Histoire(s) du cinéma de Jean-Luc Godard.


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Boris Lehman : Le portrait et l'identité diasporique

Le cinéma de Boris Lehman est souvent d'inspiration autobiographique, mais loin de toute illusion quant à une éventuelle saisie directe du sujet par lui-même, il se fonde plutôt sur une vision diasporique de l'identité, une identité jamais achevée, toujours en devenir, que le cinéma ne saurait épuiser.


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La vision partielle de Pascal Bonitzer

La vision partielle rassemble une trentaine de textes, publiés par Pascal Bonizer dans les Cahiers du cinéma dans les années 70 (et 80 pour certains), à une époque où les films s'appréhendent politiquement et sont perçus par l'idéologie qu'ils impliquent. Ce terme d'idéologie revient du reste très souvent sous la plume de Pascal Bonitzer. La critique se présente conjointement comme une pensée du cinéma — qui manque cruellement à une certaine critique contemporaine, qui peut écrire sur un film sans évoquer jamais les notions de plan, d'image, de montage — et comme une prise de position sur un territoire culturel qui rejoue la grande partition bourgeoisie / prolétariat à partir de laquelle le monde s'est laissé percevoir pendant de longues années. 


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Cinéma / Parole #25. Ariane Loze

Ariane Loze développe depuis 2008 le projet Movies On My Own(MÔWN), une série de films dans lesquels elle assure aussi bien l'interprétation des personnages que les tâches techniques de prises de vues et de montage. Pour Ariane Loze, qui vient du théâtre et de la performance, ces premiers essais en matière de réalisation tiennent à une volonté de comprendre comment fonctionne le cinéma, et notamment la technique du champ/contrechamp, sans laquelle la série des MÔWN, qui consiste à faire travailler le trouble d'un visage qui se déploie à travers plusieurs figures, serait purement et simplement impossible. 


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Rencontre avec Johanna Vaude

Johanna Vaude réalise, depuis 2011, des films de recut pour le magazine Blow Up d'Arte. Une vingtaine de films courts, compositions hybrides à partir de films de sources diverses, dessinent une cartographie singulière du cinéma populaire. Rencontre avec Johanna Vaude, qui replace ces films de commande dans son itinéraire.


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Here, then de Rémy Héritier & Marcelline Delbecq

Le plateau se déploie sous le  regard, vaste territoire désert où des parois, des cloisons, des rideaux amples et épais dessinent des couloirs et des volumes, des zones dont les qualités sensibles se laissent deviner, distinctes. Un écran devient source de diffusion, membrane perméable, il laisse filtrer une étrange lumière mate, avant que des jeux de transparences ne s’engagent au-delà de l’opacité. Une présence s’affirme, abstraite, sensible, inquiétante, qui semble chercher son régime d’apparition, proche de la persistance rétinienne. 


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Cinéma / Parole #24. Frank Smith

A l'origine de ces 9 ciné-tracts, réunis sous le titre Les films du monde, il y a un fait divers, celui d'un jeune noir qui se fait abattre de 9 balles par un policier en Alabama. La scène a été captée au téléphone portable par un anonyme et la vidéo, qui circulait beaucoup, a suscité chez Frank Smith, qui est poète avant d'être réalisateur, l'écriture d'un texte. Fank Smith s'est par la suite procuré ladite vidéo pour organiser la rencontre de son texte et des images, la répartition du texte, entre incrustation et voix off, s'opérant en fonction de ce que le matériau donnait à voir.


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Jaguar de Marlene Monteiro Freitas

Le tourbillon Marlene Monteiro Freitas frappe à nouveau. Accompagnée par Andreas Merk, elle signe une pièce fragile et troublante dans sa volonté terrible de louvoyer, féline, dans la forêt des signes et symboles d’une période charnière de la fin XIXème et du début du XXème siècle, où les genres et les pratiques artistiques se mélangent et s’hybrident, se jouent des frontières de différents domaines de la création. La proie est de taille, la scène de chasse, hantée, l’amplitude imaginaire, démesurée, nous perd dans ses vertiges, là où l’énergie des interprètes n’en démord pas, ne relâche à aucun moment son emprise.


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Cinéma / Parole #23. Chantal Briet

Inch'allah (1987), coréalisé avec Jean-Pierre Lenoir, a été tourné à Roubaix, où Chantal Briet a passé son enfance. L'idée qui a impulsé le film était de travailler avec des adolescents, en créant autour d'eux une trame narrative minimale, en proposant un dispositif où ils improviseraient en puisant dans leur propre expérience vécue. Par ce parti pris de réalisation, le film fait déjà signe vers une pratique documentaire que Chantal Briet développera par la suite. Plusieurs séquences sont également nées de situations vécues par les réalisateurs pendant la préparation et le tournage.


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Lumière fossile de Lise Fischer

La première chose que le film nous adresse, et qui va guider notre regard sur les sentiers qui mènent au Pic du Canigou, place notre attention sous le signe d'une apparente contradiction. Comment une lumière peut-elle être fossile sans perdre sa qualité propre, qui est de se diffuser, d'irradier autour de soi ? Peut-elle être retenue dans la terre, parmi les pierres, sans disparaitre purement et simplement ? 


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