Festival de l'inattention

Le statut de ce texte est incertain. Il pourrait très bien s’apparenter à une fiction. Tant le rapport à l’œuvre d’art privilégié par Sophie Lapalu, dans son choix des artistes invités, est diffus, à la fois entêtant comme une ritournelle, insistant, comme un cailloux dans la chaussure (1) et furtif, mobilisant davantage le regard périphérique, l’écoute distraite, à même de se laisser happer par une invitation saugrenue, aménageant de véritables plages au hasard.


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CAMPING 2016

Retour sur les workshops de Xavier Le Roy et Sophie Perez.

L’énergie exubérante, orageuse est au beau fixe. Véritables bêtes de scène, les campeurs de Sophie Perez trépignent déjà derrière le rideau à moitié levé qui marque les coulisses de fortune du Point Perché au Palais de Tokyo. La déferlante qui s’en suit est phénoménale, elle ne représente qu’une infime partie de la richesse des expériences traversées pendant cette semaine de travail.


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Côté court, quelques notes sur le son

Si au cinéma l'attention se porte le plus souvent sur l'image, il est important de noter que le son joue à parts égales dans l'expérience audiovisuelle. Outre l'importance accordée à la musique dont témoignent les "Soirées (A)live", certains des films vus (et entendus, ou "audio-vus" pour parler comme Michel Chion) au Festival Côté Court cette année présentent un travail sonore particulièrement intéressant. 

 


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Lifeguard de Benoît Lachambre

Une intensité paisible monte dans le studio de l’Atelier de Paris, investit les corps, fait vibrer l’espace. Rien ne la laissait présager, alors que les spectateurs quittaient leurs chaussures de ville et s’aventuraient sur le tapis de danse. D’entrée de jeu, Benoît Lachambre met en partage les questions qui le travaillent : l’adresse, le mouvement empathique, l’affect, le lien, ce qui chorégraphie. La forme interpersonnelle, diffuse, du syntagme opère déjà un déplacement, alerte les sens, engage vers d’autres manières d’envisager les forces en présence.


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Marcher Camper Flotter / Think Think Think

Imaginer trois journées de réflexion et de partage des pratiques qui se soustraient à l’impératif spectaculaire, infiltrent le tissu urbain, organisent des circulations, activent l’imaginaire sensoriel et architectural, recomposent des écosystèmes ouverts, nourris par des gestes spéculatifs – Marcher Camper Flotter resitue les enjeux de la performance dans des dynamiques de décentrement salutaires.

 

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Caroline Culand-Cassel, Loredana Rancatore : Fois deux

Entre l'oeuvre de Loredana Rancatore et celle de Caroline Cassel, c'est comme si la sculpture et la peinture en se rencontrant échangeaient leurs propriétés.


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Hors Pistes 2016 : Agir avec les mots

L'engagement politique au cinéma passe par l'adoption et l’appropriation d'outils et formes d'expression d'abord mis en place dans le domaine de l'écrit. L'une d'elles, parmi celles qui aspirent à la plus grande efficacité, dirigée vers la plus forte efficience discursive, est le tract. Les premiers cinétracts font un usage abondant de l'écrit, qu'ils confrontent à l'image : ce sont deux régimes d'expression et de pensée qui rentrent en collision. Bon nombre des films réalisés dans le cadre du festival Hors Pistes de cette année répondent à ces interrogations à la fois formelles et politiques.


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Here, then de Rémy Héritier & Marcelline Delbecq

Le plateau se déploie sous le  regard, vaste territoire désert où des parois, des cloisons, des rideaux amples et épais dessinent des couloirs et des volumes, des zones dont les qualités sensibles se laissent deviner, distinctes. Un écran devient source de diffusion, membrane perméable, il laisse filtrer une étrange lumière mate, avant que des jeux de transparences ne s’engagent au-delà de l’opacité. Une présence s’affirme, abstraite, sensible, inquiétante, qui semble chercher son régime d’apparition, proche de la persistance rétinienne. 


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Jaguar de Marlene Monteiro Freitas

Le tourbillon Marlene Monteiro Freitas frappe à nouveau. Accompagnée par Andreas Merk, elle signe une pièce fragile et troublante dans sa volonté terrible de louvoyer, féline, dans la forêt des signes et symboles d’une période charnière de la fin XIXème et du début du XXème siècle, où les genres et les pratiques artistiques se mélangent et s’hybrident, se jouent des frontières de différents domaines de la création. La proie est de taille, la scène de chasse, hantée, l’amplitude imaginaire, démesurée, nous perd dans ses vertiges, là où l’énergie des interprètes n’en démord pas, ne relâche à aucun moment son emprise.


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Lumière fossile de Lise Fischer

La première chose que le film nous adresse, et qui va guider notre regard sur les sentiers qui mènent au Pic du Canigou, place notre attention sous le signe d'une apparente contradiction. Comment une lumière peut-elle être fossile sans perdre sa qualité propre, qui est de se diffuser, d'irradier autour de soi ? Peut-elle être retenue dans la terre, parmi les pierres, sans disparaitre purement et simplement ? 


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