Sous-titre de Jonas Chéreau & Madeleine Fournier

Pas besoin de sous-titres pour suivre, se faire gentiment bousculer par, s’abandonner enfin au charme des voix multiples qu’attisent Jonas Chéreau et Madeleine Fournier. La salle basse de la Ménagerie de Verre en devient la caisse de résonance, étrange machine minimaliste à même d’amplifier les moindres chuintements et échos du désir, désir d’un mouvement à la fois possible et nécessaire. 


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Alfred Jarry Archipelago. La Valse des pantins – acte II

Après un premier temps fort au Quartier, centre d’art contemporain de Quimper, Alfred Jarry Archipelago investit les espaces du centre d’art contemporain La Ferme du Buisson, pour le deuxième volet d’un projet curatorial remarquable à plusieurs égards. Différents médiums sont mobilisés pour étayer un postulat de départ audacieux. Keren Detton et Julie Pellegrin revendiquent Alfred Jarry en tant que commissaire posthume de cette exposition et nous entrainent dans une quête spéculative à même de nous rendre sensibles aux traces, résurgences et échos des motifs privilégiés de cette figure tutélaire de la Pataphysique dans l’art contemporain.


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Un homme à la mer de Patrick Viret

Le film s'ouvre de manière paradoxale, sur une fenêtre qui est moins là pour fixer le cadre que pour le rompre, le diffracter par un jeu de reflets et briser la ligne d'horizon. Une voix, celle du poète Jean-Pierre le Goff, semble dire que le film n'a pas vraiment commencé, qu'il cherche encore son point d'écoute. "Je n'entends rien, il n'y a pour ainsi dire pas de bruit".


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Aurora d'Alessandro Sciarroni

Alessandro Sciarroni nous convie aux abords d’un terrain de goalball, mais ce qui est en train de s’y jouer va bien au-delà du simple match et engage des questions à la fois élémentaires et essentielles : le rapport aux sens, la relation à l’autre, le corps collectif qu’il soit mobilisé par une performance sportive par ou une pièce de danse contemporaine.


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Sophie Cauvin. La peinture comme voyage à l’intérieur de la matière

Après avoir traversé la très belle exposition Nervia/Laethem–Saint-Martin, parcouru les salles consacrées aux œuvres permanentes, nous arrivons face à une toile ovale, un tourbillon de matière lumineuse qui ouvre le parcours initiatique auquel nous convie Sophie Cauvin. Franchir le seuil de l’exposition, c’est entrer dans un autre espace-temps, s’ouvrir à un monde primordial en train de naître sous nos yeux.


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Changement de décor de Gaëlle Boucand

Avec Changement de décor, l’artiste et réalisatrice Gaëlle Boucand signe le deuxième volet de sa trilogie, portait du combatif Jean-Jacques Aumont.


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Etranges particules de Denis Klebleev

Un jeune homme marche sur un chemin à travers les bois, suivi par une nuée de moustiques. Un téléphone fiché à l'oreille, il énonce les termes d'une équation mathématique des plus difficiles. La caméra, portée, veut être proche de lui, même si ce qu'il dit semble résister à toute compréhension possible. Cette séquence sur laquelle s'ouvre le film, qui se donne comme le portrait d'une sorte de génie de la physique quantique, installe d'emblée une relation entre le réalisateur et ce personnage dont la figure, qui affiche une inquiétude inexorable suscitant une empathie évidente et immédiate, est proprement insaisissable. L'étrangeté annoncée par le titre du film est là, palpable, dès ces premières minutes. 


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Borobudur d'Arnold Pasquier

L’architecture, la danse, le désir et le corps, en prise directe — fiévreuse, errante, sensuelle — avec la matérialité d’une ville, Arnold Pasquier dresse un portrait amoureux de Palerme. Le film s’installe d’entrée de jeu, de par son titre même, Borobudur, dans l’écart, dans le déplacement, dans un mouvement trouble et vital. Placée sous le signe d’un conte excessif d’Arthur Rimbaud qui porte à la fois la promesse d’un amour multiple et complexe et laisse s’épanouir, dans le noir profond qui enveloppe l’intimité de cette scène inaugurale, l’ancien motif philosophique de la coïncidence des contraires, la découverte de la ville articule des catégories antagonistes.


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Pour tout bagage on a 20 ans de Camille Degeye

Le film s'ouvre sur quelques rues parisiennes, qui nous sont à la fois très familières, et pourtant suspendues dans un entretemps qui n'est pas le nôtre. Sans doute est-ce l'horizon littéraire dans lequel le film veut s'inscrire qui donne à ces premières images cette dimension toute singulière d'impressions à la fois quotidiennes et inhabituelles. Une manière de reconnaître également que si la littérature nous parle, c'est d'abord et avant tout parce qu'elle parle de nous. C'est la raison pour laquelle elle doit pouvoir être reçue par le dispositif cinématographique, et le nourrir. Pour tout bagage on a 20 ans est ainsi enraciné dans notre présent et signe d'un autrefois dont notre environnement peut se laisser traverser.


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River Lin au 7.5 Club Paris

De Berlin à Paris, de Bruxelles à Glasgow ou encore à Manchester, ses lèvres rouge sang et ses yeux bandés, River Lin sillonne l’Europe depuis bientôt un an, en soignant les maux invisibles et les non-dits des personnes qui participent à sa performance KISS IT BETTER. La rencontre se fait toujours en face à face, le protocole est simple et d’une douceur infinie, le geste artistique se charge d’une efficacité presque chamanique.


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